jeudi 4 juin 2009

Vu à la TV

C'est bien de s'arrêter sur Canal 2 au détour d'un zapping effréné. On y apprend bien de choses moins tristes que la "disparition" du vol AF447 Air France au-dessus de l'Atlantique depuis quand déjà? Ah oui, dans la nuit de dimanche à lundi.

Alors qu'est ce qu'on apprend dans le journal de Canal 2 en cette nuit mercredi 3 juin?

On apprend que le Cameroun célèbre sa semaine nationale de l'environnement. On apprend alors que le 3 mars, les véhicules dont l'immatriculation se termine par un chiffre impair ne devaient pas rouler. C'est avec un grand étonnement que les automobilistes interrogés à ce sujet expriment leur ignorance et demandent que de telles initiatives fassent l'objet de réelles campagnes de communication. Le reporter conclut son élément en annonçant que le jeudi 4 juin, ce sera au tour des véhicules dont l'immatriculation se termine par un chiffre pair. Eh bien, je suis arrivé au bureau en taxi ce matin (comme tous les jours d'ailleurs), je peux dire qu'on ne voyait que des "véhicules pairs" de toutes sortes : gros engins, berlines, camions, fourgonnettes, etc. Vient donc la question cruciale : Les villes camerounaises ont-elles les moyens de restreindre la circulation des véhicules? Côté transport en commun, c'est à peine si nous avons une centaine d'autobus qui desservant nos quartiers. J'ose pas imaginer, quel désastre ce serait si on demandait à une partie du parc de taxi de s'arrêter le temps d'une journée.

On apprend aussi que Banque Atlantique doit occuper les locaux de Amity Bank à Bonanjo. Sauf qu'un groupe d'actionnaires s'y oppose fermement sous prétexte qu'ils ne sont pas informés de la cession de leur entreprise au groupe Banque Atlantique. Difficile à croire! Toujours est-il que le building Amity Bank s'habillera bientôt aux couleurs vert et bleu de Banque Atlantique. Est-ce qu'on peut considérer ça comme un coup de pub pour une banque qui révèle les axes de sa "différence": finesse + efficacité.

On apprend encore que quelque part à Nkongsamba, un menuisier s'est fendu la tête en essayant une nouvelle scie. Au sommaire, on avait pris soin de prévenir que les imges seront dures pour les âmes sensibles. Le reportage montre un corps inerte que l'on emballe dans un sac, un gros plan sur des traces de sang, un gros plan sur la scie meurtrière qui elle même est coupée en deux, enfin le maire la localité qui promet de lancer une campagne de sensibilisation afin d'attirer l'attention de ses concitoyens sur la fiabilité des matériels qu'ils utilisent au quotidien. J'ai envie de parier que cette campagne de sensibilisation ne verra pas le jour.

On apprend enfin, en regardant la page pub avant la série Paloma, que les distributeurs des produits cosmétiques s'éclatent grave. C'est triste de constater que nos cosmétologues n'ont pour unique ambition que d'éclaircir la peau de nos bonnes femmes : Eclat Total, Clair Express, Yvettis, Borose, etc. C'est carrément la foire "à l'hydroquinone". Seul Biopur (Paris) sort du lot avec un film inspiré, propre et aspirationnel : une femme naturellement belle qui fait corps avec la nature, on y voit de beaux paysages du jardin botanique de Limbe. Et paf, vient l'animatic Cordon Bleu. On voit une foule de beignets, en avant plan, deux beignets (avec des voix féminines) qui font la conversation: elles (les voix féminines) disent combien elles (toujours les voix féminines) sont belles, attirantes et savoureuses (encore et seulement les voix fénimines). Et lorque les voix fénimines finissent par dire que les beignets Cordon Bleu sont beaux, on est un peu perdu. Un beignet n'est pas une pomme tout de même! Respectons au moins les genres! Je n'ose pas parler de la texture de ces "belles beignettes" qui ma foi craint un peu.

mercredi 3 juin 2009

Ze big retour



Il faut être un historien de la pub au Cameroun pour savoir à quand remonte la dernière campagne de communication d'envergure de la Société Générale de Banques au Cameroun (SGBC). Si Monsieur Joseph vous rappelle quelque chose, je crois que ça remonte à cette époque-là.

C'est quand même incroyable pour SGBC qui peut se targer d'avoir le plus vaste réseau au Cameroun que de faire preuve d'un mutisme sans pareil. A croire que Crédit Agricole, UBA, Afriland First Bank et plus récemment Banque Atlantique "s'agitent" pour rien. Si au moins, côté service on avait l'assurance que SGBC se démarque fortement, on en serait à se dire que la campagne de crédit en direction des fonctionnaires et agents de l'Etat est inutile.

Cette campagne intrigue à plus d'un titre.

D'abord par la signature de "l'agence conseil" qui l'a conçue : Nefertiti Cameroun. On peut dire que le petit monde des agences conseils en communication et marketing s'agrandit. Quelques mois plus tôt, nous avons appris à grand renfort de pub sur Comnews la naissance de Marketing and Advertising Research Services (MARS) qui signait sa première campagne CPA. Et tout récemment encore, c'est MH Konsult qui nous présentait sa campagne Tatie pour Sosucam. Espérons que les nouveaux venus, ne brilleront surtout pas par leur "sporadicité"

Ensuite la créa qui ressemble à celle de Activa -Vie pour les pépés de plus de 60 ans. A ce niveau non plus pas grand chose à se mettre sous la dent. Mais sin on considère que la plupart des fonctionnaires et agents de l'Etat sont des quinqua très rétro, on ne devrait pas s'étonner du degré zéro de cette exécution. L'essentiel étant d'allécher les cibles par un message "valorisant" : Bénéficiez d'un taux exceptionnel pour votre crédit.

Mais il faut bien se le dire, par ces temps gris caractérisés par une conjoncture sans précédent, les banques ont encore la capacité de proposer des services qui permettent aux individus d'avoir la tête hors de l'eau. Au moment où les banques ne sont plus à même de percevoir les frais de tenues de compte de leurs nombreux clients, elles mettent en route ce supplément de communication dont ils se passaient volontiers pour attirer plus de monde dans leurs guichets. C'est donc le moment de réfléchir en profondeur sur les services que l'on peut créer autour du crédit. Le taux exceptionnel ne fera plus courir beaucoup de monde s'il n'est pas encadré par d'autres services à valeur ajoutée.

Ensuite

La différence se dévoile



Enfin, on en sait un peu plus sur La Différence.
Une différence en finesse et efficacité. C'est tout ce que Banque Atlantique a trouvé pour nous montrer la synergie de son réseau.

Franchement, une révélation sans trop grande surprise et une campagne d'introduction molle qui laisse franchement indifférent. Une nouvelle banque ouvre ses portes... So what? Il y en aura bien d'autres.

Et à celles des banques qui arrivent, méfiez-vous des teasing. Il faut vraiment avoir quelque chose de réellement "flashy" à dévoiler pour se permettre un teasing. La révélation n'a pas tenu la promesse du teasing qui disait quoi déjà? La différence? Elle est où cette différence? Dans la finesse et l'efficacité? Toutes les banques sans le dire clameraient la même chose même si dans leur pratique du métier on y voit plus la lenteur et la lourdeur.

lundi 25 mai 2009

Where's the Cash?






A défaut de vous communiquer le nom du winner de la première émission Cash TV diffusée sur la CRTV le samedi 23 mai 2009 après le journal de 20h30, je peux au moins vous dire que le premier gagnant Cash TV s'en est sorti avec la bagatelle de 500 000 FCFA. Par ces temps difficiles, cette somme peut bien changer la vie.

On aura assisté à une émission TV comme il est rare d'en trouver sur nos chaînes locales. Un Cash TV mêlant savamment l'info et le divertissement. Comme quoi, les diffuseurs que sont CRTV, Canal 2 et autres STV pourraient impliquer non pas forcément les agences conseils, mais les studios de production, à la conception et à la réalisation de leurs émissions TV.

Rendez-vous donc pris tous les samedis sur CRTV après le journal de 20H30. Espérons que d'ici là You Win aura pris le temps de bien paufiner son réseau de distribution: à ce sujet, les revendeuses des cartes téléphoniques et "callboxeuses" sont mises à contribution. Pour le moment, les points de vente connus sont les callbox disposant d'un parasol aux couleurs You Win Lottery. Sur les pans du parasol, sont fixés des espèces de flyers plastifés sur lesquelles on peut lire les conditions générales du jeu. Je n'ai pas visité les kiosques à journaux ou même les bouquineries/librairies de Bonanjo et de Bonapriso qui sont aussi de points de vente très captifs pour ce type de produit. Le must serait de pénétrer le réseau des débits de boisson, mais alors, il faudra trouver l'incentive adéquat susceptible de séduire les tenanciers de débit de boisson.

Côté lancement. Une campagne fort bien sympatique précédé d'un teaser tout aussi captivant que simple à comprendre. Les teasers que bien d'agences nous ont servi ces derniers temps ressemblaient plus à des jeux de piste sans grand intérêt (Azur Gold, Instit. 60 an de SABC). Petite déception pour ce qui concerne la TV tout de même où nous aurions aimé retrouver les mêmes personnages utilisés sur les affiches (que qu'Ascèse a bien réussi à faire avec Ketch avec plus ou moins de succès).

En fait, Cash TV ouvre des perspectives alléchantes pour l'agence Ogilvy qui doit faire comprendre à son client que le produit doit vivre et vivre pour de vrai. Ceci passe par des actions média et hors-média pertinantes et permanentes. S'il est vrai qu'il y a une réelle demande pour les jeux de hasard, il n'en demeure pas moins qu'il faut fournir d'énormes efforts pour inclure Cash TV dans le quotidien du commun des Camerounais.

Sucrez-vous la vie!



MH Konsult vous connaissez?

Moi non plus.

Comme quoi, il ne faut pas être une grosse pointure du conseil en communication pour pouvoir proposer des campagnes publicitaires sympathiques dans l'ensemble même si on peut légitimement se sentir dérouté par un si grand foisonnement de déclinaisons avec pour seul support le 4x3m.

Pour sûr la campagne Sosucam ressemble fort à une saga racontant les différentes tranches de vie pour le "ravissement" des citadins que nous sommes. Mais parfois, l'exécution de certaines exécutions pêche gravement par leur approximation. Par exemple la scène de petit-déjeuner en famille avec son univers bleu-blafard qui donne la migraine en ce début de saison de pluie. Et encore, existe-t-il encore des familles modèles qui prennent leur petit-dej à table ? Cette saynette qui avait tout son sens à la fin des années 80 et au début des années 90, lorsque la recession annoncée sous le nom de code CRISE ECONOMIQUE commençait à toucher gravement les familles de la classe moyenne. En même temps que le Chef de l'Etat nous demandait de serrer la ceinture et que le gouvernement nous incitait à "consommer camerounais", il semble que les annonceurs et même les agences conseil en communication ont oublié que même si les habitudes de consommation n'ont pas changé fondamentalement, les "attitudes" de consommations ont "shifté" à plus de 100°.

Il faut tout de même féliciter MH Konsult pour avoir su convaincre son client d'aller dans le sens de plusieurs saynettes pour donner de la vie à la campagne publicitaire. Sur ce coup-ci, l'agence semble avoir fait mieux que Ascèse et Nosuca qui nous ont proposé 3 déclinaisons. Ascèse semble exceller dans cette règle de trois qui est en passe de devenir sa marque de fabrique!

Petit bémol tout de même, la disponibilité du produit sur les points de vente ne réflète pas tout le dynamisme apparent de la campagne "Sweeten Up Your Life" de Sosucam! J'ai pas fait beaucoup de shopping ces derniers temps mais je pourrais dire que le produit se fait chercher sur le lieu d'achat.

mardi 19 mai 2009

Une campagne en béton






"Ma' calcul, Ma' plan"

Une campagne qui fait parler d'elle à plus d'un titre. Ketch a choisi un ton décalé pour présenter son Béton Prêt à l'Emploi (BPE).

Le BPE, c'est assurément le produit de l'année car il permet de réduire les différents intervenants dans la fabrication classique du béton. Selon le 50e numéro de ComNews (mai 2009), Ma' calcul, Ma' plan est une formule qui dans l'imagerie populaire désigne la capacité des Bamiléké à toujours étudier tous les moindres détails d'un projet afin de s'assurer de ne rien perdre mais plutôt d'en être le gagnant majeur. Les gains s'exprimant presque toujours en argent.

La campagne montre tour à tour ses avantages qualitatif, en gain de temps et économique. Et la presse, l'affichage et la TV sont utilisés comme supports.

La campagne TV semble tellement être belle et tellement percutante qu'elle vaut de passer sur l'écran pub Canal+ Horizons certainement pour toucher cette cible d'entrepreneurs aisés ou de CSP A, B+ câblés CanalSat. On veut bien croire que c'est le seul le but de la manoeuvre. Mais alors, quand on passe Ma'Calcul, Ma'Plan au beau mileiu d'un match de football de Champions League tant on sait que les Congolais, les Tchadiens, les Equato-Guinnéens, les Gabonais, les Centrafricains font parties des téléspectateurs, on se demande si un tel spot est fait pour les distraire ou juste pour réveiller la fibre culturelle des Camerounais vivant sous ces cieux étrangers : Ma'Télé, Ma' Nkap!